Le Mag' des Jéco 2026 Les Jéco

Face aux chaos, choisir l’avenir

Le thème des Journées de l’Economie - « Tous apprentis face aux chaos » - nous invite à regarder lucidement les bouleversements du monde et à apprendre à y répondre.

Avant même les émeutes d’octobre, l’INSEE avait déjà abaissé sa prévision de croissance 2026 pour la France à 0,4 %, en cohérence avec l’enquête semestrielle de conjoncture des CCI d’Auvergne-Rhône-Alpes publiée en septembre. C’est une mauvaise nouvelle alors que les marges de manœuvre pour le PLF 2027 étaient déjà contraintes. La dégradation de notre situation économique se traduit, à la fois, par une réduction d’activité, une montée progressive du chômage et une augmentation des taux, avec le risque d’emballement de la dette. La France se trouve ainsi en position défavorable face à de nombreux concurrents qui, confrontés au même contexte géopolitique, font mieux qu’elle.

Dans cet environnement anxiogène, la première préoccupation des CCI consiste à travailler en proximité avec les entrepreneurs et à les accompagner pour passer ce cap difficile. Nous les encourageons à aller de l’avant et les incitons à poursuivre leurs investissements.

Il est notamment vital d’amplifier notre présence dans les secteurs d’avenir alors que le développement technologique connaît une accélération historique au niveau mondial. Ce sera la base de l’économie du futur et notre souveraineté industrielle en dépendra.

La France en a la capacité pour peu qu’elle soit déterminée à tirer parti de son potentiel d’innovation. Pour cela, il nous faut, avant tout, relever le niveau de notre enseignement à l’école, dès le primaire. Le dernier classement PISA constitue une alerte sérieuse. L’excellence ne peut être durable que si elle s’appuie sur l’élévation du niveau général des élèves.

Nous devons ensuite nous emparer des domaines qui structureront la 2e moitié du XXIe siècle.

  1. L’intelligence artificielle. Les chercheurs français représentent 30 % des contributions mondiales, mais aucun géant technologique du secteur n’est implanté sur notre sol. Le parcours de Mistral est remarquable, mais les écarts avec ses homologues américains ou asiatiques ne sont pas tenables. Il faut attirer capitaux et entrepreneurs pour atteindre l’échelle mondiale.
  2. L’ordinateur quantique. Les progrès sont fulgurants. Ceux qui posséderont cette technologie prendront une avance quasiment irrattrapable. La France dispose de l’une des meilleures écoles du monde : ne laissons pas nos start-up partir à l’étranger !
  3. La fusion nucléaire. Le projet ITER, qui doit conduire à l’industrialisation de ce mode de production d’électricité, décarboné et sans déchets radioactifs, est implanté à Cadarache. Une partie de l’avenir énergétique mondial se joue donc sur notre sol.
  4. Les supraconducteurs. La combinaison de la production d’électricité par fusion nucléaire et le stockage dans des circuits sans résistance ni production de chaleur, constitue une réponse extraordinaire au dérèglement climatique. Restons dans la course.
  5. La robotique. L’amélioration des machines est cruciale pour le maintien d’usines dans notre pays. Le robot anthropomorphe destiné aux services est déjà dans une phase de développement avancée. Organisons-nous pour ne pas avoir à l’acheter à l’étranger.
  6. La santé. L’IA et l’ordinateur quantique vont révolutionner la conception de médicaments et la précision des diagnostics. Conservons notre rang dans ce secteur clé.


Ces exemples illustrent les défis qui s’offrent à nous comme autant d’opportunités. La France, et particulièrement Auvergne-Rhône-Alpes, occupent une position privilégiée grâce à leurs formations d’excellence et à leur recherche. Servons-nous en pour préempter ces technologies ainsi que leurs applications industrielles. À défaut, nous passerons sous domination étrangère.

Afin d’y parvenir, nous avons besoin d’entrepreneurs visionnaires et de capitaux abondants. Il est essentiel de savoir former les talents, de les retenir et d’en attirer d’autres. Sortons des postures et des idéologies et rassemblons notre nation autour d’un modèle répondant pragmatiquement aux impératifs du monde. Seule l’augmentation des richesses créées permettra d’élever notre niveau de vie tout en sécurisant notre modèle social.