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La productivité en jeu : les PME entre performance et résilience

On prête aux PME un certain nombre d’avantages concurrentiels, aussi bien pour elles-mêmes que pour la santé de l’économie dans son ensemble : flexibilité, adaptation, etc. On parle plus rarement de leur productivité, tant il est admis et vérifié que les grandes entreprises sont en moyenne plus productives que les PME. Pourtant, cette productivité constitue non seulement un indicateur de leur performance mais aussi de leur survie ; d’où l’importance d’en comprendre les ressorts essentiels.

Les PME françaises, en particulier celles du secteur manufacturier (PMI), n’ont pas à rougir de leur productivité au regard de leurs voisines européennes. La productivité apparente du travail des PMI françaises est en effet supérieure à celle de leurs homologues allemandes et espagnoles sur la période 2012-2020 ; elles sont néanmoins moins productives que les PMI italiennes et néérlandaises (Karachanski et Kané, 2026).

Les PMI françaises ne constituent cependant pas un ensemble homogène et présentent des différences sur ce critère. Sur la période 2010-2021, les PMI de l'Île-de-France se distinguent particulièrement, relativement à celles des autres régions, même si cette disparité s’est réduite en fin de période, entre 2020 et 2021.

Dans tous les cas, on peut mettre en évidence l’importance de facteurs propres aux territoires dans l’obtention de gains de productivité, à commencer par l’agglomération des entreprises.

 Dans les zones les plus denses en effet, les entreprises partagent plus volontiers leurs connaissances, leurs fournisseurs et même leur main-d’œuvre, ce qui contribue à accroître leur productivité relativement aux territoires moins denses (Karachanski et Kané, 2026).

La productivité des PMI situées dans ces zones denses est 3,5 % supérieure à celle des PMI situées dans les zones moins denses.

D’autres facteurs comme les capacités organisationnelles, le rôle du dirigeant ou encore l’usage des technologies sont également déterminants.

Déjà ralentie avant la crise sanitaire, la productivité de l’ensemble des entreprises des secteurs marchands a fortement chuté en 2020, puis s’est redressée sans retrouver sa trajectoire d’avant-Covid, tous les secteurs étant touchés, y compris l’industrie, qui explique une part importante de la perte (Karachanski, 2025). Parmi les explications de cette chute, figurent notamment le recours accru à l’apprentissage, la politique de soutien aux entreprises qui aurait favorisé la survie d’entreprises peu productives, ou encore la baisse du taux de chômage (Coquet et Heyer, 2025). Cette chute n’est pas propre à la France ; elle concerne quasiment tous les secteurs économiques des pays de l’Union européenne (Desjeux, 2024).

Toutefois, alors qu’un rattrapage s’amorce chez nos voisins, le retard des entreprises françaises en matière de productivité pourrait se prolonger, pour les PMI et ETI notamment, en raison d’intentions d’investissement plus faibles en France qu’en Allemagne et en Italie dans les technologies de production avancées, et plus globalement d’une moindre prévalence des entreprises déclarant disposer d’une stratégie systématique visant à se transformer (Charlet et Dussud, 2026).Dans une conjoncture dégradée par les chocs successifs, cela pourrait peser sur leur survie à moyen terme.